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Notre parcours du whisky live 2026 a fortuitement débuté par le stand d’un nouveau venu, LaMaison, un whisky de pays né d’un projet de La Maison du Whisky. Ce Triple Malted Grain est assemblé à partir de whiskys de blé, orge et seigle élaborés dans plusieurs distilleries françaises, et vieillis dans une variété de 7 fûts de chêne neuf ou de vin. En somme La Maison du whisky a construit un modèle qui transcende celui de l’embouteilleur qui sélectionne des fûts en intervenant sur toute la chaîne de conception de ce produit final unique livré à 46% à nos palais. C’est un whisky très agréable qui se laisse dompter facilement grâce à ses notes herbacées et fruitées. Somme toute un très bon point de départ pour notre déambulation millésime 2026.
Cette année, après la première rencontre avec Lamaison, nous avons arpenté en premier l’aire de l’écosse. Le coup de cœur qui nous a ensorcelé c’est un Glen Moray, le Peated Rioja cask finish, un brut de fût à 58,8%, vieilli pendant 11 ans dans le fameux entrepôt N°1 de la distillerie, là où l’alchimie se déploie grâce aux expérimentations menées par les maîtres de chai. Subtilement tourbé, cet élixir délivre des notes de fruits d’automne avec une finale complexe et gourmande. En reprenant nos esprits, nous avons aussi pu apprécier l’expression Forbidden fruit qui a bénéficié d’une finition en fût de Calvados, un dram très frais résolument marqué par la pomme.
Un des grands moment de cette visite, dans l’espace VIP, nous a été offert par House of Hazelwood. Nous avons eu la chance de goûter le blended malt 1992, un âge vénérable de 34 ans dont seules 297 bouteilles à 52,1% ont été mises sur le marché. Sous l’étiquette Calm Waters, image de la rivière Spey qui irrigue les distilleries du Speyside et qui sous des dehors qui peuvent paraître calmes, sait être impétueuse et profonde. Cette expression, maturée en fûts de sherry, offre elle aussi une profondeur et une richesse digne de ses années passées en fût.
Un détour par la maison Glenfarclas, toujours gérée par la famille Grant, s’imposait. Nous avons pu apprécier la richesse du 105 proof cask strength, distillé dans les alambics à feu direct caractéristiques de la maison, et élaboré à partir de fûts, principalement de sherry, âgés de 8 à 10 ans permettant au maître de chais de maintenir une constance au fil des ans. Né sous le signe des fruits secs et du toffee, il développe des notes épicées en finale. A noter que cette année, Glefarclas a mis sur le marché son plus vieux whisky, distillé en 1953, avec 262 bouteilles estampillées 70 ans.
Toujours dans l’espace écosse, le Glendronach « Ode to the Dark », le plus mystérieux de la trilogies des odes, était sur notre liste de voeux. Single malt élevé en fûts de Pedro Ximénez et embouteillé à 50,8% vol, c’est la pépite de la série « The Master’s Anthology series », composée d’éditions limitées conçues par le Master Blender Rachel Barrie. Les notes chocolatées et de fruits rouges dominent et il séduira tout amateur de sherry whiskys.
Chez les voisins irlandais, le dynamisme est également de rigueur. Notre passage chez West Cork et Dingle nous conforte dans notre perception des whiskeys irlandais très agréables et qui valent le détour, sans parler de l’accueil chaleureux du personnel sur les stands.
Du côté du whisky français, c’est le boom avec pas moins de 150 distilleries aujourd’hui en activité, tirant profit des différents savoir-faire autour de la distillation, tonnellerie, céréales et assemblage. A côté d’expressions qui affichent 18 ans de vieillissement comme le brut de fût Armorik, élevé en fût de Sauternes et embouteillé à 58,8%, on a l’embarras du choix avec des whiskys de 10 ans comme le Eddu single cask embouteillé à 48% après maturation dans des fûts de chêne et de cognac ou le Kornog tourbé élevé en fût de bourbon et embouteillé à 58,1% ou encore ce Domaine des hautes glaces single cask élevé en fût de vin Condrieu à déguster à 56,9%. Le whisky français offre aujourd’hui une palette incroyablement riche aux amateurs et malgré les controverses sur la valeur de l’âge d’un whisky, cela reste un gage de maturité de toute une industrie qui doit encore cependant relever nombre de défis.
Les frémissements du monde du whisky se sentent aussi du côté de l’Asie. Honneur au Japon qui avec des distilleries comme Miyagikyo a insufflé un nouvel élan propre à cette région. Le Miyagikyo de la gamme Artist de 15 ans d’âge, vieilli en fût de Porto et embouteillé à 58,8% nous a séduit avec sa palette aromatique chocolatée et épicée. A côté des traditionnelles maisons comme Nikka, Kavalan ou Amrut, de nouveaux venus qu’on voit pour la première fois en france font leur apparition. Prakhan de Thailande ou Ki One de Corée proposent des expressions intéressantes qui marquent le début d’une nouvelle histoire.